Textes et gravures issus de l'ouvrage
" Les uniformes du 1er Empire ; La Garde Impériale "
D'après la collection du Cdt Bucquoy, rééditée en 1977 par le Lt-Cl Bucquoy et Guy Devautour
(Jacques Grancher, éditeur - Paris - N° B.41.876.1990)

 Les Vélites

     Un arrêté des consuls du 25 mars 1804 porta création de deux bataillons de vélites, l’un formé à Écouen, sous le nom de chasseurs-vélites et l'autre à Fontainebleau sous le nom de grenadiers-vélites.

     En novembre 1805 un deuxième bataillon de grenadiers-vélites rejoignit le premier pour former un régiment complet de vélites. Pour être admis, les jeunes gens devaient mesurer 5 pieds 2 pouces au moins, avoir moins de 20 ans et pouvoir payer une pension de 200 F. ils faisaient campagne avec leurs aînés, grenadiers et chasseurs.

     Véritable pépinière de futurs officiers, ils poursuivaient leurs études, en temps de paix, à Saint-Germain-en-Laye ou à Fontainebleau.

     En créant ces bataillons Napoléon remettait non seulement en usage une innovation des Romain mais, de plus, il mettait de nouveau en pratique le principe du recrutement de jeunes gens destinés aux mousquetaires et à l'école des pages sous l'ancien régime. Ces deux corps de la monarchie servirent « d'école pratique » aux futurs officiers tout comme le devinrent ces bataillons de vélites.

 Bataillon de Vélites - 1804

 Vélite en grand uniforme - 1805

Petite et grande tenue - 1806

     

Les Fusiliers-Grenadiers

Comme nous le savons, 2 bataillons de vélites sont créés le 25 mars 1804.
Jusqu'au sacre la tenue unique portée par ces jeunes gens sera celle que nous présente cette illustration

     Nous remarquons que le bonnet est remplacé par un chapeau noir à deux pompon rouge et une « carotte » se dressant au-dessus de la cocarde recouverte d'une seule ganse de laine aurore. L'uniforme fut toujours semblable à celui des grenadiers ; seuls, le chapeau à plumet en grande tenue et les « pattes d’oie » des épaules en bleu liserées de rouge différenciaient l'uniforme de ce corps.
 
     En septembre 1806, il est convenu que les cadres du deuxième bataillon de ce Corps devaient servir de structures de formation d'un régiment de Fusiliers-Grenadiers dont les effectifs seraient alimentés par le contingent de l'année ou par les compagnies de réserve des départements.
 
     L'uniforme des 1600 hommes du régiment des Fusiliers-Grenadiers ou « moyenne garde » était semblable à celui de leurs aînés avec cependant les particularités suivantes :
- Shako à deux chevrons blancs en V sur les côtés,
- la coiffure porte de plus un cordon en fil blanc à deux parties en guirlandes, devant et derrière le Shako, nattées et montées sur des crochets de chaque côté, avec deux raquettes tressées à deux glands sur le côté droit ; sur le côté gauche pendait un seul gland,
- la jugulaire est à écailles de cuivre montées sur basane et attachée par un bouton de cuivre avec une étoile en son milieu,
- épaulettes blanches au corps blanc coupé de deux raies longitudinales rouges,
- capote de drap gris fer.

Musicien en grande tenue
1807

 Caporal fifre en grande tenue
1807

Tambour en grande tenue
1807

     

 Caporal et Fusilier
Campagne de Prusse - 1807

 Fusilier en grande tenue d'hiver
1808

Fusiliers en tenue de campagne
1812 - 1813

     

     Les deux officiers présentés ci-dessous portent l'uniforme des grenadiers, la tête couverte cependant d’un Shako caractéristique :


Lieutenant et Chef de bataillon - 1807

-bandeau de velours noir en haut et en bas, celui du haut étant constellé l'étoiles d'or et pris entre deux galons dentés d'or,
-galons non dentés sur le bandeau du bas,
-plumet sur la base d'un pompon en forme de tulipe en or,
-cordon à plaques en or.

Seuls les officiers supérieurs et les musiciens avaient le plumet blanc


Sapeur et musicien en grande tenue - 1807

À la première restauration les Fusiliers-Grenadiers « passaient » au corps des Grenadiers.

Les Tambours-Majors

Les têtes de colonne comprenaient les sapeurs et derrière surgissait, rutilant, magnifique, avantageux et quelque peu « matamore », le Tambour-Major à l’habit orné de galons d'or sur les retroussis et à la veste blanche tout aussi galonnée d'or.
 

Tambour-Major en grande tenue (fin de l'Empire) et Tambour-Major en grande tenue (1807)

Il portait les galons de Sergent-Major, les épaulettes à la dragonne d'or et est coiffé d'un chapeau surmonté d'un plumet qui jaillit d'une base de plumes d'autruche tricolores. Ces plumes et le plumet pouvait coûter jusqu'à 195 F à eux seuls.

Couturée d'or, la tenue du Tambour-Major des grenadiers de la garde valait jusqu'à 30 000 F, si bien que l'on avait coutume de dire qu'il était préférable de faire prisonnier un Tambour-Major plutôt que l'Empereur lui-même.
 
Le sabre est celui d'officier d'infanterie. Son signe distinctif réside surtout dans le collier de velours écarlate galonné d'or est orné de deux baguettes (souvent en bois d'ébène), plaquées sous une grenade en paillettes d'or.

 
La canne à pommeau d'argent est décorée d'une chaîne d'argent s'enroulant pour retenir sur le bas un gland d'argent.

Même en petite tenue, les extravagant Tambours-Majors à la haute taille ne manquaient pas d'un certain chic qui épatait les badauds puisque le collet et les parements étaient bordés d'un galon d'or et que les glands du chapeau et les épaulettes rutilaient d'or.

La musique

     Une seule musique entraînait les régiments des grenadiers. Avant 1810 les musiciens se distinguaient, en grande tenue, par l'habit bleu des grenadiers à collet, parements, revers, pattes de parements et doublures cramoisies ; les Brandebourg en or soulignant les revers, les plis et les boutons des poches. Ces poches étaient bordées d'un Passepoil d'or. Le bas des retroussis était rehaussé de grenades d'or et les épaulettes étaient façonnées en trèfle de galon d'or sur drap cramoisi.


Musiciens en grande tenue  (1805-1810)
 
Le chapeau était garni de plumes rouges et blanches dans l'intérieur, surmonté d'un plumet blanc est orné d'un galon d'or sur le pourtour,de ganses et de glands d'or.

La veste et la culotte sont blanches ; les bottes sont à retroussis ; l'épée est à dragonne or et rouge.

En petit uniforme, les musiciens endossent le surtout des grenadiers dont les ornementations sont galonnées d'or, la doublure étant écarlate. Les poches sont passepoilées d’écarlate et d’un fin galon d'or.


Musiciens en petit uniforme - 1809

Été comme hiver, les bottes sont à la « Souvarov », avec pantalon de nankin ou pantalon bleu. Le plumet du chapeau est, alors, rouge.

En 1810, de légères modifications seront apportées


Musiciens en grande tenue (1808) et musicien en 1810

-le bas du plumet devient rouge (le haut est alors blanc), et les ganses d'or sont supprimées,
-la couleur cramoisie est relevée à celle d'écarlate,
-le pantalon et les bottes à la « Souvarov » remplacent la culotte et les bottes à retroussis de la grande tenue.

     La musique était précédée des tambours qui allaient par paire, comme les sapeurs, dans chaque compagnie ceci jusqu'en 1809, date à laquelle leur nombre passera à 3. Les 16 tambours d'un régiment était dirigés par 2 Tambours-Maîtres.


Tambour-Maître en grande tenue

     En grande tenue, l'uniforme est celui des grenadiers, agrémenté d'un galon d'or et de laine rouge au collet, aux revers, aux parements et aux pattes de parements, aux doublures des basques et aux Brandebourg des revers et du tour des poches. Des « nids d'hirondelle » (supprimés en 1808) écarlates ornés d'un galon d'or avec, au-dessus, les épaulettes or et rouge, ornent les épaules du tambour qui parade devant les Tuileries.


Tambour en grande tenue (1810-1811) et Tambour en tenue de ville (1811)

     Le tambour aux cercles bleus rehaussés de grenades de cuivre et au fût piqué de trois grandes grenades de cuivre est supporté par un collier agrémenté de la plaque porte-baguette et d'une grenade en cuivre. Il repose sur une cuissière de tambour de buffle blanc.

     En petit uniforme ou tenue de route, seul le galon d'or aux parements et au collet distingue l'habit de celui des grenadiers.

     Les tambours portent, par privilège, les cheveux poudrés et la moustache, attributs capillaires qui leur étaient dévolus et dont ils étaient très fiers.

     Le Tambour-Maître, qui nous est présenté sur l'illustration ci-dessous, appuyé sur sa canne à pommeau d'argent agrémentée de glands de laine rouge nous laisse admirer son habit bleu Couturé de galon d'or. Les Tambours-Maîtres évoluaient par paire, en serre-file, sur le côté droit des tambours.


Tambour-Maître en grande tenue

 
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