Jean-Roch Coignet
Capitaine de la Garde Impériale

Jean-Roch Coignet est né dans l'Yonne, à Druyes-les-Belles-Fontaines le 16 août 1776 .

   Enfant quasi abandonné, à la jeunesse inexistante, il fut tour à tour berger, charretier, et garçon d'écurie, avant d'être appelé au service à l'age de 23 ans ; Dès lors, il participera à toutes les campagnes du Consulat et de l'Empire.
Du passage du mont Saint-Bernard à la plaine de Marengo, d'Ulm au cimetière enneigé d'Eylau, de la campagne de Russie à celles d'Allemagne et de France, Jean-Roch sera là...toujours là.

   Conscrit au bataillon auxiliaire de la Seine (fructidor an VII), puis incorporé dans la 96° demi-brigade(frimaire an VIII), il sers à l’armée d’Italie et au corps d’observation de la Gironde de l’an VIII à l’an XI. Il combat aux batailles de Broni, de Montebello et de Marengo où il se fait remarquer par sa bravoure militaire, ce qui lui vaudra d'entrer - le 2 germinal an XI -  dans les grenadiers à pied de la garde consulaire, après avoir été nommé membre de la Légion d’honneur des mains du consul en personne le 25 Prairial.

   Pendant les ans XII et XIII, il fait partie de l’armée des côtes de l’Océan, et de l’an XIV à 1807, il sers en Autriche, en Prusse et en Pologne - où il passe Caporal le 14 juillet - puis il fait la campagne de 1808 en Espagne, revient en Allemagne en 1809, et est nommé sergent le 18 mai de cette même année.

   De retour en France, il continue à monter en grade et participe à la vie impériale.

Lors d'une inspection, l'Empereur s'arrêta devant lui, du fait de sa petite taille;

le major du Régiment lui expliqua qu'il était l'instructeur et qu'il refusait de quitter la garde impériale, ce à quoi Napoléon répliqua : "Eh bien, je te nomme à mon petit état-major."

Jean-Roch devenait ainsi lieutenant :
"comme je me trouvais heureux, écrit-il, de rester près de l'Empereur ! Je ne me doutais pas que je quittais le paradis pour tomber dans l'enfer : le temps me l'a bien appris."

   En marche avec la Grande Armée pour la campagne de Russie en 1812, il incorpore donc "la ligne" le 13 juillet avec le grade de lieutenant, dans les rangs de laquelle il combat à Borisow et à la Bérézina .

   Il fait ensuite la campagne de Saxe en 1813, y est promu capitaine adjoint à l’Etat-Major général le 14 septembre, et rentre servir en France jusqu’à la fin de la guerre.

   En non activité sous la première Restauration, il reprend du service pendant les 100 Jours et est employé à l’armée du Nord . C'est au cours de cette période qu' il est nommé officier de la légion d'Honneur par le gouvernement provisoire (titre confirmé par le roi en 1831).

   On le retrouve à Waterloo le 18 juin 1815, et à la chute de l'Aigle, comme tous ses frères d'armes, Jean-Roch Coignet est démobilisé. il se retire dans ses foyers le 31 octobre 1815.

   Commence alors pour lui, à Auxerre, une existence de demi-solde sous la surveillance de la police de Louis XVIII, avant d'être admis à la retraite le 27 décembre 1829 ; Notre ancien grognard se marie, et les jours passent, tranquilles.

   Durant la monarchie de Juillet, Coignet devient porte-drapeau de la Garde Nationale de sa ville.

   En août 1848, survient un événement douloureux : sa chère épouse disparaît . Le capitaine, qui a alors soixante-douze ans - et qui n'a appris à lire et à écrire que bien tardivement (et bien imparfaitement) - décide de commencer la rédaction de ses souvenirs. «Il me fallait me creuser la tête pour me rappeler tous mes souvenirs depuis l'âge de huit ans», écrit-il.
Deux ans plus tard, Coignet achève ses Mémoires. Rédigés dans un français phonétique et très approximatif, ils seront publiés sous le Second Empire.

Coignet s’éteignit le 10 décembre 1865, à l'age de 89 ans. Il avait participé à 16 campagnes et 49 batailles.


Le capitaine Coignet, vers la fin de sa vie

   C'est en 1851 que parait à Auxerre, chez Perriquet, le 1er tome des Souvenirs d'un des plus célèbres combattants de l'épopée napoléonienne (le second tome paraîtra en 1853) et dédié aux "Vieux de la Vieille".
   Jean-Roch Coignet. « Soldat de la 96e demi-brigade, soldat et sous-officier au 1er régiment des grenadiers à pied de la Garde, vaguemestre du Petit et du Grand Quartier impérial, capitaine d'état-major en retraite, premier chevalier de la Légion d'honneur, officier du même ordre », tels sont les titres qui figurent sur la couverture de cette première édition dont Coignet se chargera lui même, et péniblement, d'en vendre les 500 exemplaires.

   En effet, tenant une épicerie à Auxerre (Au Lancier polonais) , Coignet fréquente aussi le café Milon, rue du Temple. Devenu veuf, il y aborde les attardés et les commis voyageurs.
Communicatif, le vieux militaire n'hésitait pas à engager la conversation avec les consommateurs, de sorte qu’un avocat, Monsieur Duranton, réussit à le convaincre d'écrire ses mémoires. Bien sûr, au café, et puisqu’il changeait souvent ses histoires, on finissait par dire : « Alors là, Père Coignet, vous exagérez…». Peu importe, Maître Duranton réussit à lui arracher un texte.
 
   À qui lui disait: «Il fait chaud», Coignet ne manquait pas de répondre aussitôt: "Pas si chaud qu'à Austerlitz, mon brave; c'est là que ça chauffait, nom d'un tonnerre, en 1805 !" , et, sans une minute de répit, le capitaine poursuivait son récit, ne manquant jamais d'ajouter: "Tout ça, voyez-vous, c'est conté là-dedans, dans mes deux volumes que j'ai imprimés de ma poche, mon bon ami ; vous pouvez bien, sacrebleu, vous les offrir pour un gros écu, afin d'obliger un vieux soldat de la 96e demi-brigade !"

   Et c'est ainsi que la toute première édition des Souvenirs fut diffusée, par son auteur lui-même, ce brave infatigable de Marengo, d'Eylau et de Wagram.

   Jean-Roch Coignet fut un des premiers de la grande armée des "obscurs" et des "sans-grade" à rédiger et à publier de son vivant ses mémoires.

   Les Mémoires d'un autre grognard resté célèbre, ceux du sergent Adrien Bourgogne - qui a laissé un texte très proche de celui de Coignet - ne seront véritablement publiés en volume qu'en 1898, à l'initiative de Paul Cottin.

   Au cours de la période 1880-1914, de nombreux témoignages de combattants des armées impériales sont publiés, faisant sortir de l'oubli des noms comme ceux de Routier, Desboeufs, Chevillet, Lecoq, Vincent Bertrand, Robinaux, Marcel, Lavaux...

 

 

La Tour d'Auvergne,
" Le premier Grenadier de la République."

     Breton originaire de Carhaix, Théophile Malo Corret de Kerbauffret,  fils d'un demi-frère illégitime du maréchal de Turenne, pris l’ancien titre de l'illustre maison de "La Tour d'Auvergne" en 1771 après avoir obtenu d'un descendant du duc de Bouillon un courrier attestant d'une souche commune.
 
     En 1792, il a 49 ans. Ancien élève de la Flèche, il sert depuis 1767 au régiment d’Angoumois qu’il a cependant quitté en 1781 pour aller se battre en qualité de volontaire dans les rangs de l'armée espagnole au siège de Mahon, où il étonnait tout le monde par son courage tranquille.
 
     Quand éclate la révolution, il est capitaine en second, toujours à Angoumois après avoir passé 17 ans dans le grade de lieutenant et quand ses camarades émigrent, il refuse de partir avec eux en affirmant : « j'appartiens à la patrie ; soldat je lui dois mon bras ; citoyens, je lui dois respect à ses lois ».
 
     Angoumois - devenue 80e régiment d'infanterie - se retrouve dans l'armée des Pyrénées occidentales.
La Tour d'Auvergne y commande une compagnie de grenadiers dont beaucoup sont des Basques, montagnards infatigables et tireurs exceptionnels. Il rivalise d'audace et d'habileté avec son ami le Comtois Moncey qui commande les chasseurs Cantabres et qui se retrouvera à la tête de l'armée en 1794.


La Tour d'Auvergne, par LE DRU

     Quant à lui, dépourvu d'ambition, il n'accepte aucun avancement et, pour l'employer à sa pleine valeur, on lui confie un corps de 6000 hommes environ, regroupant les compagnies de grenadiers de l'armée et baptisé « division d'avant-garde ». Mais bientôt cette unité ne sera plus connue que sous le nom de « colonne infernale ». Avec elle La Tour d'Auvergne Passe partout, toujours le premier. Chaque soir, son manteau présente quelque nouvelle déchirure de projectiles ou quelque en nouvelle brûlure de poudre essuyée à bout portant et ses grenadiers - qui ignorent le mot « baraka » - disent qu'  « il  charme les balles ».
 
     Son prestige ne lui vaut aucun avantage matériel et son dénuement est celui des soldats de la révolution. À un représentant en mission qui lui offrait son appui en vantant son crédit, il répond
« Vous êtes donc bien puissant ?... Eh bien ! Demandez pour moi… »
« Un régiment ? »
« Non, une paire de souliers »
 
     À la paix de Bâle en 1795, il quitte le service refusant encore les épaulettes de général mais il est capturé en mer alors qu'il faisait route vers la Bretagne ce qui lui vaut 18 mois d'internement et d’odieux traitements en Cornouailles.


Le départ de La Tour d'Auvergne, par MELINGUE

     En 1799, bien qu'ayant dépassé l'âge de la retraite, il repart comme simple grenadier à la place du dernier fils d'un de ses amis. Avec la 46e demie brigade, il se bat en Suisse et participe à la bataille de Zurich sous les ordres de Masséna. Sur proposition de Carnot alors ministre de la guerre, le premier consul lui attribue un sabre d'honneur et lui décerne le titre de premier grenadier de la République. Il accepte la première distinction mais décline la seconde en déclarant « parmi nous autres soldats il n'y a ni premier ni dernier ».

     En 1800, il se retrouve avec Moreau à l'armée d'Allemagne et, 6 jours après son arrivée, le 28 juin, il tombe frappé à mort par la lance d'un uhlan Autrichien devant Neubourg, en Bavière. Il n'a que le temps de murmurer : « je meurs content j'ai toujours rêvé de finir ainsi ma carrière ».

     Jusqu'en 1814 sa compagnie conservera son coeur dans une urne d'argent et à chaque appel, au nom de « La Tour d'Auvergne », le plus ancien des grenadiers présents répondra « mort au champ d'honneur ».


La Tour d'Auvergne mort au champ d'honneur, par MOREAU DE TOURS

Sa dépouille repose au Panthéon , et son coeur aux Invalides

 

 A la mémoire de nos plus fidèles compagnons :

Mouton, la mascotte
Le caniche des Fusiliers-Grenadiers

     Peu de temps après la bataille de Burgos (Espagne, 1808), dans les environs de Benavente, des Fusiliers-Grenadiers de la Garde Impériale trouvèrent un petit caniche, isolé sur les bords d’une rivière dont les anglais avaient coupé le pont. Avec l'accord du Colonel Friederichs commandant le Régiment, ceux-ci le gardèrent près d'eux , le surnommèrent "Mouton " , et en firent leur mascotte.

     " Mouton " suivit son nouveau Régiment durant toute la campagne d'Allemagne. En 1809, il assista à la bataille d'Essling , puis à celle de Wagram , avant de retourner en Espagne en 1810 et 1811 ; C'est de là qu'il partit avec ses maîtres pour faire la campagne de Russie...mais arrivé en Saxe, " Mouton " disparut.

     Etait-il perdu ? Avait-il été volé ? nul ne le sait, mais les Fusiliers continuèrent leur marche ; Krasnoïé, La Moscowa...et enfin, Moscou.

      10 Jours après leur entrée dans cette ville, les hommes du Régiment eûrent la bonne surprise de voir réapparaitre le brave caniche ; un détachement composé d'une quinzaine d'hommes, partis de Paris quelques jours après le gros de la troupe pour les rejoindre, était passé par l'endroit où il avait disparu ; Le chien avait reconnu l'uniforme du Régiment, et les avait suivi ! 

     Les mois passèrent, et bientôt sonna la terrible retraite de l'hiver 1812. Le sergent Bourgogne, resté célèbre dans l'Histoire pour ses mémoires, fut alors témoin de la scène suivante :

 

   J'aperçus devant moi un individu que je reconnus, à sa capote, pour être un homme du Régiment.

   Il marchait fortement courbé, en paraissant accablé sous le poids d'un fardeau qu'il portait sur son sac et sur ses épaules. Faisant un effort pour me rapprocher de lui, je fus à même de voir que le fardeau était un chien.

  Le chien qu'il portait était le chien du Régiment, que je ne reconnaissais pas.

   Je lui témoignais ma surprise de le voir chargé d'un chien, puisque lui-même avait de la peine à se traîner, et sans lui donner le temps de me répondre, je lui demandai si c'était pour le manger... ; que, dans ce cas, le cheval était préférable.

   Hélas non !, me répondit-il, j'aimerais mieux manger du cosaque ; tu ne reconnais donc pas Mouton ?

   Tout en marchant, Mouton, à qui j'avais passé ma main droite emmaillotée sur le dos, leva la tête pour me regarder et sembla me reconnaître.

     L'homme qui transportait  Mouton était un vieux et brave sergent nommé Daubenton, un vétéran qui avait déjà fait les campagnes d'Italie...10 ans plus tôt.

    Mouton avait eu les pattes complètement gelées à Wilna, par 28° en dessous de zéro,  et, ce jour là , voyant qu'il ne pouvait plus marcher, Daubenton avait résolu de l'abandonner sans qu'il s'en aperçoive ; mais ce pauvre Mouton se doutant qu'on voulait partir sans lui se mit tellement à hurler qu'à la fin Daubenton se résigna à se laisser suivre...mais à peine faisait-il dix pas qu'il s'apercevait que son malheureux chien tombait à chaque instant sur le nez.

C'est ainsi qu'il le chargea sur son sac.

     Partis ainsi de Wilna , Daubenton et Mouton eurent un instant leur retraite coupée par un petit détachement de cuirassiers Russes : Daubenton s'efforça de se mettre en défense, mais non aussi avantageusement qu'il l'aurait voulu, car Mouton, qui aboyait comme un bon chien pour défendre son maître malgré ses pattes gelées, le gênait dans ses mouvements.

     Un cuirassiers Russes tourna autour de  Daubenton , mais à une certaine distance, craignant sans doute un coup de fusil. Voyant que notre sergent n'en faisait pas usage, le cavalier s'avança et lui allongea un coup de sabre que celui-ci para avec le canon de son fusil.  Aussitôt, le cavalier passa sur la droite , porta un second coup de sabre sur l'épaule gauche du soldat français et...atteignit mouton à la tête...

     Le pauvre chien changea de ton ; ils n'aboyait plus...il hurlait d'une manière à fendre le coeur.

     Quoique blessé et ayant les pattes gelées , Mouton sauta en bas du dos de son maître pour courir après le cavalier, mais comme il était attaché à la courroie du sac, il fit tomber son porteur sur le côté.

     Soudain, plusieurs milliers de traînards de toutes les nations arrivèrent comme un torrent, et foncèrent contre-attaquer le détachement de cavaliers , les séparant ainsi de Daubenton et du pauvre chien.

 Le Fusilier était sauf...mais on n'a plus jamais revu Mouton.

Merci à Monsieur
Christian Cadoppi
membre des Amis du Patrimoine Napoléonien et du Souvenir Napoléonien
pour l'aide précieuse qu'il a bien voulu apporter à l'élaboration de ce sujet.

Visitez son superbe site, dédié à la Gloire et à la mémoire de ces héros à quatre pattes


Découvrez de nombreuses autres personnalités
qui ont laissé leur nom dans l'Histoire en consultant la rubrique suivante :

"
Les héros de la Garde "

ABOVILLE : (Auguste-Marie), major d'artillerie, officier de la Légion d'honneur, naquit à La Fère le 12 avril 1776. Il entra au service comme élève d'artillerie en 1792, et devint capitaine à la fin 1793 ; presque aussitôt après, suspendu de ses fonctions, comme noble, puis réintégré dans son grade la même année, il fit avec distinction les campagnes de la Révolution aux armées du Nord, du Rhin et d'Italie. Nommé major de l'artillerie de la garde le 15 décembre 1808, il fit en cette qualité, la campagne d'Autriche, où il eut un bras emporté à Wagram le 6 juillet de la même année ; nommé général de brigade trois jours après, puis commandant de l'école de la Fère, il parvint à la dignité de pair de France.

   ARRIGHI : Né en Corse, embrassa de bonne heure la carrière militaire. En 1805, il obtint le commandement d'un régiment de Dragons, qu'il conduisit au combat de Wertingen, où il fit des prodiges de valeur ; il eut un cheval tué sous lui et tomba au milieu d'ennemis qu'il écarta à coups de sabre : ces soldats lui sauvèrent la vie. A Austerlitz, il avait mérité la décoration de commandant de la Légion d'honneur. Le 19 mai 1806, il fut fait colonel du régiment des Dragons de la Garde ; peu après, nommé général de brigade et duc de Padoue, il fit la campagne de 1807, et, en outre, se distingua aux batailles de Wagram et de Leipzig. En 1815, Napoléon le créa pair de France.

   BARDIN: (Etienne-Alexandre, baron), né à Paris. Fils du célèbre peintre qui fut l'émule de david, après avoir consacré ses premières années à l'art qui illustra son père, il embrassa la cause de la liberté en 1792, comme réquisitionnaire, avec un bataillon du Loiret. Son courage le fît avancer rapidement. Il fut proposé à Napoléon, le 16 décembre 1811, comme colonel des Pupilles de la Légion d'honneur, après la bataille de Dresde, où il se distingua à la tête d'une division de Jeune Garde.

   BERTHEZENE : (Le baron), né en Provence, se distingua, dès sa jeunesse, dans le métier des armes. Il était en 1807 major du 65e régiment de ligne. En 1811, il fut nommé adjudant général au corps des Grenadiers de la Garde. Aujourd'hui le général Berthezène est pair de France. Il avait été gouverneur de l'Algérie après 1830.

   CHASTEL: (Louis-Pierre, baron), né à Veigi, près de carouge en Savoie, le 29 avril 1774, était major au 24e régiment de Dragons, lorsqu'il fut nommé major en second des Grenadiers à cheval de la Garde. En 1805, à la suite de la bataille d'Austerlitz, il fut créé officier de la Légion d'honneur, fit la campagne de Russie en 1812, et se distingua particulièrement à la bataille de la Moskowa : Chastel fut cité avec éloge dans plusieurs bulletins.

   CHRISTIANI : (Charles-Joseph, baron), major commandant le 2e régiment de Grenadiers à pied de la Garde ; né le 27 février 1772, servit longtemps avec distinction, et se fit particulièrement remarquer le 28 février 1814, au combat de Gué-à-Trim, sur la rive gauche de Thérouane. A Mont-Saint-Jean, il était à la Tête du 2e régiment des Grenadiers de la Garde.

   COLBERT : (Edouard, baron), lieutenant général, commandant les Lanciers rouges de la Garde. Aprés avoir servi avec distinction pendant plusieurs années, et avoir mérité son élévation au grade de général de brigade, il se couvrit de gloire dans la campagne de 1809, contre l'Autriche, notamment au combat d'Anstettna, le 4 mai. Il contribua puissamment au gain de la bataille de Raab, où il fut décoré de la Légion d'honneur, et cueillit de nouveaux lauriers à la journée de la Moskowa ; plus tard, il s'empara des magasins considérables de Wiliecka et de Sorcha, et fut nommé commandant des Chevaux-légers-lanciers de la Garde, qu'il conduisit en 1813, à Bautzen. Il se fit encore remarquer, en 1814, à Montmirail et à Craonne. Le 28 novembre 1813, il fut élevé au grade de général de division. A la journée de Mont-Saint-Jean, le général Colbert fut blessé et son régiment presque détruit.

   CORBINEAU : (Jean-Baptiste, comte), né à Marchiennes (Nord) le 1er août 1776, embrassa la carrière militaire au commencement de la Révolution. Capitaine des chasseurs à cheval de la Garde à Eylau, il fut nommé chef d'escadron sur le champ de bataille. En Espagne, à la bataille de Burgos, en 1808, il montra un courage héroïque, fut blessé et nommé général. Ce fut lui, qui en 1812, et lors de la funeste retraite de Russie, trouva à la Bérézina un passage qui sauva une partie de l'armée française. Cet important service le fit nommer général de division et aide de camp de Napoléon : c'est en cette qualité qu'il fit la campagne de saxe. En 1813, il était avec Vandamme à l'affaire de Culm : il manoeuvra habilement et sauva sa division. Dans la défense de notre territoire, en 1814, il battit les Prussiens et les Russes à Reims, et reprit cette ville. Il se distingua à Montmirail, et rentra dans ses fonctions d'aide de camp de Napoléon, à la campagne de Belgique en 1815.

   CURIAL : (Philibert-Jean-Baptiste, comte), né à Saint-Pierre d'Albigny, en Savoie, le 21 avril 1774. Soldat et officier intrépide, il devint chef de bataillon en 1799, pendant la campagne d'Egypte. Colonel du 88e régiment de Chasseurs à pied de la Garde, il ne tarda pas à être fait général. Il se distingua à Eylau et à Friedland. Commandant les tirailleurs de la Garde en 1809, il se fit remarquer les 21 et 22 mai, au combat de Gross-Aspern et à la Bataille d'Essling. Général de division en 1810, il commanda les Chasseurs de la Garde pendant les campagnes de 1812, et fut chargé, en avril 1813, de l'organisation des douze régiments de la Jeune Garde, formés à Mayence ; il les commanda lui-même en Saxe, et se signala de nouveau à la bataille de Wachau, où il fit douze cents prisonniers, parmi lesquels se trouvait le général Meerfeld ; il contribua aussi au gain de la bataille de Hanau contre les Bavarois. Curial sut, par son intrépidité, se placer au rang parmi les généraux de la Garde.

   DAHLMANN, général de brigade, colonel des Chasseurs à cheval de la Garde. Sa vie ne fut qu'une suite de triomphes ; sa mort fut celle d'un héros. A la sanglante bataille d'Eylau, dans la charge générale qui décida la victoire, Dahlmann périt à la tête de son régiment.

   DECOUZ : Pierre, baron, né à Veigy, le 29 avril 1775, volontaire au 2e bataillon du Mont-Blanc en 1793, élu sous-lieutenant le 1er mai. Il servit au siège de Toulon puis fit la campagne d'Italie. Passé à l'armée d'Orient, il est nommé capitaine adjoint à l'état-major du général Lannes, se distingue à Aboukir et devient aide de camp de Friant en 1799? Nommé par Menou adjudant-commandant en 1801, sous chef d'état-major au 5e corps de la Grande Armée en 1805, il sert à Austerlitz. Colonel du 21e de ligne fin décembre ; l'année suivante il combat à Pultusk. En 1809, il est employé à la division Gudin puis devient général de brigade à la fin de la campagne. Chargé de la surveillance du port d'Otrante en décembre 1810. Employé au corps d'Observation de l'armée d'Italie en 1813. Major du 1er régiment de Chasseurs à pied de la Garde en 1813, il commande une brigade à la Grande Armée en avril. Nommé général de division le 4 août, puis commandant la 51e division d'infanterie au 14e corps sous Gouvion Saint-Cyr. Il commande une division de la Jeune Garde lors de la campagne de France, mais il est blessé mortellement à la bataille de Brienne de deux coups de feux en pleine poitrine , le 29 janvier 1814. Il meurt le 18 février des suites de ses blessures.

   DESVAUX de SAINT-MAURICE : Jean-Jacques, baron, né le 26 juin 1775 à Paris. Elève sous-lieutenant à l'école d'artillerie de Châlons en 1792, lieutenant du 4e d'artillerie à pied, sert à l'armée des Alpes puis des Pyrénées-Orientales. Il sert en Italie de 1798 à 1799 ; chef d'escadrons au 2e d'artillerie à cheval en 1799, passé au 8e en 1800. Aide de camp de Marmont en 1801, major au 8e d'artillerie à pied en 1803. Colonel du 1er d'artillerie à pied en 1805. Il sert à la Grande Armée, est blessé devant Ulm. Directeur d'artillerie à l'armée de Dalmatie et colonel du 4e d'artillerie à pied. Commandant l'artillerie de l'aile gauche à l'armée d'Italie en 1809, il sert à San Daniele, au Tarvis, à San Michele, à Raab, et à Wagram. Major-colonel du régiment d'artillerie à cheval de la Garde, 15 juillet 1809. Commandant l'artillerie à cheval de la Garde sous Béssières en Russie et en Saxe, sert à Bautzen, Hanau, devient général de division en novembre 1813. Commandant en chef l'artillerie de la Garde en 1815, il est tué à la bataille de Waterloo par un boulet de canon qui le coupe en deux.

   DOGUEREAU : (Louis, baron), né à Dreux le 11 juillet 1777 ; élève de l'école d'artillerie, il fut employé en 1795 à l'armée du Rhin en qualité de lieutenant, puis comme capitaine, en 1799, à l'armée d'Egypte ; et fut blessé au siège de Saint Jean d'Acre. Devenu chef de bataillon en 1803, son sang-froid et sa bravoure lui firent obtenir, en 1806, le grade de major dans l'artillerie de la Garde. En 1807, il fut nommé colonel et chef d'état-major de l'artillerie au corps d'armée du général Sébastiani, et fit la campagne d'Espagne ; il se distingua aux batailles de Talavera, de la Reyna et d'Almonacid. En 1813, il fit la campagne de Saxe comme colonel de l'artillerie à cheval de la Garde, et prouva de nouveau combien il était digne de la commander.

   DUHESME : (Philibert, comte) né à Bourgneuf-Val-d'Or (aujourd'hui Mercurey), le 07 juillet 1766, commandant la garde nationale de son canton en 1789, capitaine au 2e bataillon des volontaires de Saône-et-Loire en 1791, il servit à l'armée du Nord et devient lieutenant-colonel en 1792. Nommé général de brigade en 1794, il se signale à Fleurus, est envoyé à l'armée de Rhin-et-Moselle ; suspendu pour lacheté mais réintégré dans ses fonctions. Il se distingue au passage du Rhin à Diersheim, 1797. Il servit ensuite aux armées d'Italie En 1808, il fut envoyé en Espagne, il est accusé d'abus de pouvoir et de malversations à Barcelone avec la complicité du commissaire de police, d'avoir réduit les rations, d'avoir fait de faux marchés. Il vint à Paris pour s'expliquer de ces faits et se retire dans son village natal. Commandant supérieur à Kehl, il sert ensuite en Champagne en 1814. Lors de la campagne de Belgique il commande deux divisions de Jeune Garde, mais est blessé au côté droit de la tête, vers cinq heures du soir près de Plancenoit, le 18 juin. Prisonnier pendant la déroute, il expira le 20 juin 1815 à Vieux-Genappe.

   DUPONT : (Xavier-Alexandre-Joseph), capitaine au 1er régiment des voltigeurs de la Garde Impériale, naquit à Mons le 19 septembre 1774. Entré dans la légion de Béthune le 12 avril 1792, il fut nommé sous-lieutenant, après être resté dix mois dans les grades inférieurs. Il fit successivement partie de l'armée du Nord, de celles de Sambre-et-Meuse, d'Italie, du Rhin, d'Allemagne, d'Espagne, et enfin de la Grande armée. Il était capitaine au 25e régiment de tirailleurs lorsqu'il entra, en cette qualité, dans le 1er régiment de voltigeurs de la Garde, le 8 juin 1809. Dupont se distingua glorieusement en plusieurs occasions, et entre autres, à Tretta où il dissipa, avec quelques hommes une insurrection de paysans, à la retraite de Trébia, où, avec un petit nombre de soldats, il forçat à se retirer un escadron de chasseurs de Bussy (émigrés), qui se disposait à inquiéter les derrières du régiment ; à Novi, où, étant en patrouille et cerné par la cavalerie ennemie, il se dégagea et parvint à sauver, en le portant sur ses épaules un soldat qu'il ne voulait pas perdre. Dupont fut tué en Russie, d'un coup de feu reçu à la prise de smolensk, le 25 août 1812. Il avait été nommé membre de la Légion d'honneur le 24 avril 1807.

      FRIANT : (Louis, comte), lieutenant général ; né à Morlincourt (Somme), commandant les Grenadiers à pied. En 1781, Friant prit du service dans le régiment des Gardes françaises, et fut nommé caporal de grenadiers ; peu de temps après, sous-officier-instructeur, il conserva ce grade pendant sept ans, et quitta l'armée le 7 février 1787. En 1789, Friant repris du service comme sous-officier, et devint bientôt après adjudant-major de la section de l'Arsenal : il refusa le commandement du 9e bataillon de Paris, qui lui fut offert, et ne l'accepta que lorsqu'il fallut marcher à la frontière. Friant fit la campagne d'Egypte, et se distingua à toutes les brillantes affaires qui eurent lieu dans ce pays, et notamment aux batailles d'Héliopolis, de Belbeys, de Boulacq et du Caire. Le 8 mars 1801, il reçut à son débarquement l'armée anglaise dans la baie d'Aboukir, lui disputa le terrain à pied, fit sa retraite sur Alexandrie, et ne rendit cette place qu'après un siège de six mois. A son retour en france, Friant fut nommé général de division et inspecteur général de l'infanterie. Employé à la Grande Armée, pendant la campagne de 1805, il contribua puissamment à la belle journée d'austerlitz, où il eut quatre chevaux tués sous lui, et se trouva constamment au fort de la mêlée. Napoléon, pour lui témoigner sa satisfaction des services signalés qu'il avait rendus dans le cours de cette campagne, le nomma grand-aigle de la Légion d'honneur, et lui donna une dotation de 20.000 frs. Le 14 octobre 1806, Friant concourut avec sa division à la victoire de Iéna, et se couvrit de gloire à la bataille d'Eylau et à celle de Tann. En 1812, il devint commandant des Grenadiers de la Garde, et fit en cette qualité la campagne de Russie ; il combattit avec distinction à Smolensk, fut blessé à la bataille de la Moskowa, et se signala à Dresde, à Wachau et à Leipzig. Il prit une belle part à la sanglante affaire de Hanau, et fit des prodiges de valeur pendant la campagne de 1814, notamment à Montmirail et Champ-Aubert. En 1815, Friant commandait encore les Grenadiers de la Garde, et guida nos vieilles phalanges à Fleurus et à Mont-saint-Jean, où lui-même fut grièvement blessé.

   GROS : (Louis), général de brigade, colonel-major des Chasseurs à pied de la Garde, né à Carcassonne le 3 mai 1767. A dix-huit ans, il prit du service et était sergent en 1790 ; son courage le fit avancer promptement. En 1793, il fut nommé capitaine sur le champ de bataille. Gros se distingua particulièrement aux armées d'Italie, des Pyrénées, d'Angleterre, de Hollande, et du Rhin ; en l'an XII, il fut admis dans la Garde, et c'est à la tête des Chasseurs à pied qu'il fit toutes les campagnes à la Grande armée. Ses talents militaires et sa bravoure se firent remarquer principalement aux immortelles journées d'Austerlitz, d'Iéna, d'Eylau, de Friedland. En le plaçant à la tête du régiment des Chasseurs à pied de sa Garde, Napoléon le nomma baron et commandant de la Légion d'honneur ; il était aussi chevalier de l'ordre de la Couronne de fer et de l'ordre de Maximilien de Bavière. Gros mourut sous la Restauration.

   HARLET : (Louis, baron) né le 15 août 1772, sa bravoure et ses talents lui firent confier un régiment pendant la campagne de russie. Nommé général de brigade en 1813, il augmenta dans ce grade sa réputation militaire. En 1815, Napoléon le plaça à la tête d'un des régiments de Grenadiers à pied de la Garde.

   HULIN : (Pierre-Auguste, comte), né à Genève le 6 septembre 1758. Capitaine d'une compagnie de chasseurs des barrières, Hulin fut bientôt chef de bataillon ; il se rendit à l'armée d'Italie, où il fit ses premières campagnes sous le général Bonaparte, en qualité d'adjudant-général. Il commandait le château de Milan en 1797 et 1798. Devenu général de division, hulin reçut le commandement des Grenadiers de la Garde consulaire, en 1803. Il se distingua pendant la glorieuse campagne d'Autriche, en 1805, et fut choisi pour commander la place de Vienne. Il fit encore la campagne de 1806, et fut nommé commandant de Berlin. Rentré en France, il obtint le commandement de la 1ère division militaire (Paris), où il resta jusqu'en 1814. Le général Hulin est mort trés avancé en âge et aveugle.

   JANIN : (Claude, baron), né à Chambéry en 1775, servit longtemps dans la Garde, et fut détaché auprès du vice roi d’Italie, à Milan, pour organiser la garde du prince. Pendant la campagne de Russie, il commanda un escadron de Gendarmerie d’élite de la Garde ; en 1814, il fut fait général de brigade, et en 1815, pair de France.

   KRASINSKY : (Vincent, comte), général polonais, était chambellan de Napoléon, et colonel du 1er régiment de chevau-légers lanciers de la Garde. Il se distingua surtout dans la campagne de 1812, en prenant part à tous les combats que les Polonais livrèrent  aux Russes. En 1813, il fut nommé général de brigade, et général de division en 1814.

   LALLEMAND : (Dominique, comte), né à Metz, embrasa fort jeune la carrière des armes ; il dut son avancement à son intrépidité et à ses talents ; il était parvenu au grade de général de brigade d’artillerie lors de la déchéance de Napoléon. En 1815, nommé lieutenant général , il combattit à Mont Saint Jean à la tête de l’artillerie de la Garde, et revint ensuite sous les murs de Paris avec la Garde, qu’il suivit au-delà de la Loire.

   LARIBOISIERE : (Le comte). Ses grands talents et son courage l’élevèrent rapidement au grade de général de brigade ; en 1806, il fit des prodiges de valeur pendant la campagne de Pologne, et obtint le grade de général de division commandant l’artillerie du siège de Dantzig. En 1809, à la tête de l’artillerie de la Garde , il arrêta les Autrichiens à Essling, et les dispersa à Wagram. En 1812, il avait organisé cette immense artillerie qui tonna à la Moskova et resta ensuite dans ces plaines, que de si terribles détonations n’avaient pas troublées depuis la journée de Pultawa . Le général Lariboisière mourut le 29 décembre 1812, sur les bords du Niémen, de la douleur que la perte de son fils, tué à la bataille de la Moskova, lui avait fait éprouver.

   LARREY : (Dominique Jean, baron) né à Bodeau, près de Bagnères, en 1766, fit d’excellentes études médicales et se livra entièrement à l’art chirurgical. En 1798, il accompagna de le général Bonaparte en Egypte ; et, comme chirurgien en chef de l’armée française, on le vit souvent au pied de la brèche panser les blessés, au milieu des plus grands dangers. Il fit dans ces contrées des observations médicales qu’il a publiées en 1803. On a de lui un Mémoire sur la chirurgie très estimé. Larrey a rendu aux armées des services tels, qu’il nous serait impossible de les énumérer ici : aussi nous bornerons nous à dire qu’il a fait toutes les campagnes de la grande armée en qualité de chirurgien en chef de la Garde, et l’hôpital militaire de Gros Caillou. Un seul mot suffira pour faire son éloge ;: en parlant de lui, l’Empereur a dit à Saint Hélène : « C’est l’homme le plus vertueux que j’aie jamais rencontré. »

Merci au Grenadier " La Flamme" pour l'aide précieuse qu'il a apporté à l'élaboration de ce sujet.
Sources : Les généraux de Napoléon par Mr Alain Pigeard, et histoire de la Garde Impériale de Marco de Saint-Hilaire.

 
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